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Journal de notre bord
Lettre no 201 (le 24 juillet 2025)
Bonsoir à toutes et à tous,
Nous assistons à une prolifération de guerres et à une déferlante de répressions et de politiques réactionnaires dans la plupart des pays. Si on ajoute à cela la poursuite délirante de la destruction de la nature par les grands groupes industriels, on conviendra que le système mondial capitaliste est totalement hors contrôle et que les États, de plus en plus autoritaires et militarisés, sont aux abois. Dans tous les domaines, ils organisent le chaos qui est l'ultime recours pour la survie du capital.
Craignant d'éventuels mouvements sociaux massifs pouvant brider cette course folle aux profits et à l'accumulation, les États mettent le paquet pour contrôler les habitants, protéger les riches, renflouer les grandes entreprises et prendre des mesures brutales pour expulser les migrants hors des frontières. Les populations jugées indésirables sont massacrées à Gaza, au Yémen, en Ukraine, au Soudan, en Birmanie... Un grand questionnement commence à prendre de l'ampleur : comment l'humanité va-t-elle s'en sortir moralement et physiquement ?
La nature, qui est internationaliste à sa manière, nous fait savoir, dans son propre langage, qu'elle ne tient pas compte des frontières et des États, et qu'elle est en train de mourir. Elle nous dit que la biodiversité continue à s'effondrer à l'échelle mondiale, que le réchauffement climatique est mondial et que la pollution est mondiale. Elle nous envoie de plus en plus brutalement tous les messages nécessaires pour nous faire comprendre qu'il est temps de ne plus être stupidement arrimés, enchaînés, aliénés à la logique de l'argent, des États et des identités nationales. Les incendies actuels frappent aussi bien le Canada, le Brésil, la Russie que l'Afrique et les pays au bord de la Méditerranée. Les plastiques et les pesticides s'épanouissent dans le monde entier.
Il faut donc qu'il y ait une quantité incroyable de propagande médiatique mensongère pour que des slogans tels que « America first », « Les Japonais d'abord », « Les Français d'abord », « Les Européens d'abord », « La Turquie d'abord », « La Tunisie d'abord » et ainsi de suite, fassent recette en jouant sur les peurs et promeuvent les politiques les plus aberrantes.
Mais il ne nous suffit pas de rejeter toutes les formes de racisme, de nationalisme et de xénophobie pour envisager un autre horizon pour l'humanité. Ce sont les notions même d'argent, d'État, de Nation, de valeur, de travail, de profit, de rentabilité, de dette ou de déficit que nous ne devons plus valider. Toutes ces notions abstraites faisant système n'existent pas dans la nature et n'existaient pas encore dans les sociétés humaines avant qu'elles se divisent en classes. Elles troublent notre perception de la réalité et bloquent notre horizon.
Nous devons inventer d'autres critères qui nous permettent de vivre, de mieux vivre, partout sur cette terre, entrer en relation sans passer par la connexion des circuits de l'argent et par la domination des États à leur service. Projet utopique ? Oui, et nous devons le chérir. Lutter toujours pour ce projet et l'actualiser, résister sans désemparer, en préservant coûte que coûte notre capacité de joie de vivre.
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REGARDER GAZA EN FACE
LE CAPITALISME EST UN CANNIBALISME
HORIZONS AMERS
L'INVENTAIRE DES RÊVES
L'ESTHÉTIQUE DE LA RÉSISTANCE
LE JAZZ DES SIXTIES
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REGARDER GAZA EN FACE
Le cauchemar quotidien et qui semble ne jamais devoir finir à Gaza met mal à l'aise quiconque n'a pas laissé s'éteindre en lui ses facultés d'empathie et d'indignation. On manifeste maintes fois pour protester, par solidarité, avec le pénible sentiment d'être inefficace. Au moins nous faut-il être bien informé et comprendre les réalités d'une terre ravagée et d'une population martyrisée.
« Un historien à Gaza » (éd Les Arènes, 2025, 210 pages, 19 euros) de Jean-Pierre Filiu apporte une pièce importante au dossier. Il a atteint la bande de Gaza en décembre 2024, et il y est resté pendant un mois et quelques jours. Depuis 1980, il s'était rendu à maintes reprises dans cette enclave palestinienne. Il a écrit de nombreux articles et ouvrages sur l'histoire et l'actualité de la Palestine, mais aussi sur Israël et la Syrie. Son regard est d'autant plus précieux que la guerre à Gaza se déroule à huis clos. C'est grâce à l'entremise de Médecins sans frontières que Jean-Pierre Filiu a pu s'y rendre.
Son témoignage très humain est riche de notations géographiques, historiques, sociales et culturelles. Gaza était considérée autrefois comme une merveilleuse oasis faisant rêver dans tout le Moyen-Orient. On mesure l'ampleur du gâchis. « Le territoire que j'ai connu et arpenté n'existe plus. Ce qu'il en reste défie les mots » écrit en exergue l'historien.
On a le coeur serré en lisant ce livre, d'autant plus que les massacres et les exactions commises par l'armée israélienne n'ont fait qu'empirer depuis, avec la complicité des États-Unis, des États de l'Union européenne et des États du Golfe. Ce qui, somme toute, arrange bien le Hamas et le gang local d'Abou Shebab, qui pille les convois d'aide humanitaire avec l'approbation de l'armée israélienne.
Pour compléter cette enquête, il faut écouter le podcast sur France-Culture de l'émission « Cultures Monde », intitulé « Regarder Gaza en face ». Filiu y témoigne dans la première partie. D'autres intervenants dans les émissions suivantes dressent également un tableau terrible de ce qui se passe en Cisjordanie avec les tueries, destructions de maisons et expulsions massives de Palestiniens par les colons et l'armée israélienne.
Ce qui se passe à Gaza et en Cisjordanie est un laboratoire glaçant pour le futur de l'humanité. Les dirigeants des États impérialistes savent qu'ils peuvent aller très loin dans l'infamie sans provoquer de grandes réactions. Ils peuvent massacrer consciencieusement un peuple, tenter progressivement de le briser, de l'effacer en l'acculant à la faim et à la soif, en décomposant ses structures sociales et ses repères, en tuant ses journalistes, ses chercheurs, ses cinéastes, ses artistes, ses poètes, ses soignants, ses femmes si dévouées et généreuses, ses enfants privés d'éducation, livrés à la mort ou aux trafics sordides.
D'ores et déjà, Israël, les États-Unis et tous les États livreurs d'armes à Netanyahou, dont la France, ont réussi à ruiner l'avenir du peuple palestinien et, par ricochet, celui du peuple israélien qui ne sera jamais en paix, avec la conscience tranquille. Car c'est aussi se réserver un sombre avenir que d'être éternellement considéré comme un peuple oppresseur. L'avenir décent, humain, c'est de refuser de jouer ce rôle-là, ce qui est le cas d'une petite minorité courageuse d'Israéliens. Et ici en France, c'est de refuser de se replier dans une trop confortable indifférence.
LE CAPITALISME EST UN CANNIBALISME
Il est difficile de saisir les traits fondamentaux de la société capitaliste dans un seul livre. Cet effort de synthèse très documentée a été tenté et en grande partie réussi par la philosophe Nancy Fraser dans son livre « Le capitalisme est un cannibalisme » (éd Agone, 2025, 285 pages, 21 euros). Son point de vue est celui d'une marxiste féministe s'inscrivant dans le courant de la Théorie critique. Elle a collaboré avec Cinzia Arruzza et Tihi Bhattacharya au livre « Féminisme pour les 99%, un manifeste » (La Découverte, 2022).
La proposition forte de Nancy Fraser est de considérer que le capitalisme n'est pas seulement un mode de production et d'exploitation de la main-d'oeuvre salariée (ce qu'il est bien évidemment), mais un système social qui tend à tout dévorer, y compris les bases sur lesquelles il existe et s'est déployé historiquement.
Elle répond précisément dans les différents chapitres aux questions suivantes. « Un goût prononcé pour la punition, ou pourquoi le capitalisme est structurellement raciste. » « Dévoreur de care : pourquoi la reproduction sociale est au coeur de la crise capitaliste. » « La nature dans la gueule du loup : pourquoi l'écopolitique doit être transenvironnementale et anticapitaliste. » « La démocratie à l'abattoir : pourquoi c'est sur la crise politique que le capital gagne son bifteck. »
La préoccupation majeure de Nancy Fraser est qu'à partir d'une analyse élargie et différenciée de la société capitaliste, les luttes antiracistes, féministes, écologiques et démocratiques ne soient pas menées séparément, mais qu'elles soient toutes pensées comme anticapitalistes et susceptibles de nourrir un projet de transformation sociale largement partagé.
HORIZONS AMERS
Vincent Di Martino a une connaissance précieuse de la condition ouvrière sur la longue durée. Il la tient de sa propre expérience comme ouvrier à la Lainière de Roubaix pendant treize ans, et ensuite de ses divers postes dans le bâtiment, surtout comme technicien chauffagiste.
Après la publication d'un premier roman en 2011, « Le Couloir de l'Horloge » (éd Le Temps des Cerises), dont nous avions recommandé la lecture, il vient d'en publié un second, « Horizons amers » (L'Harmattan, 2025, 197 pages, 19 euros). Pour qui se préoccupe du destin de la population ouvrière depuis les années 1980 jusqu'à aujourd'hui, il y a dans ce roman matière à une réflexion douloureuse mais nécessaire si on ne veut pas se payer de formules toute faites.
Cette histoire commence par un rappel à la mémoire d'un épisode crucial de la défaite de la classe ouvrière en France : la grève de Talbot à Poissy en novembre 1983, grève d'ouvriers immigrés brisée par le patronat et ses hommes de mains avec l'assentiment du gouvernement « de gauche » et le lâchage des dirigeants syndicaux.
L'amitié entre Rachid, ouvrier spécialisé d'origine marocaine, et François, ouvrier professionnel d'origine italienne, symbolise un horizon possible, un combat commun contre l'exploitation, pour la dignité, pour l'émancipation. D'autant plus que Rachid est fier que sa fille Naïlla s'engage dans le mouvement conduisant à la Marche pour l'égalité et contre le racisme.
Mais les licenciements, la répression policière, les promesses non tenues des politiciens de gauche vont faire émerger les rancoeurs et les pulsions racistes.
Après son licenciement, une période de chômage, un nouveau métier, sa retraite et le décès de sa femme, François part s'installer dans le sud de la France. Dans un autre contexte, celui d'août 2005, il met en oeuvre ses mêmes convictions généreuses en s'impliquant dans la vie associative de sa commune. La narration va alterner entre cet été des révoltes de banlieue et le retour vers les luttes, les humiliations et les crimes racistes qui ont émaillé les années 1983-1984.
Pour qui veut comprendre comment la situation des classes populaires a pris une mauvaise tournure depuis quarante ans, ce roman est lumineux. Mais il l'est aussi en montrant en situation des hommes et des femmes de plusieurs générations qui ne renoncent pas à agir pour le bonheur commun.
On n'est pas ici dans l'épopée prolétarienne gratifiante pour des lecteurs et des critiques littéraires avides de pittoresque et de sensations fortes. Autant dire que « Horizons amers » a peu de chance de devenir un best-seller. Vincent Di Martino écrit de façon simple, avec une délicatesse qui lui est propre. Ce qu'il a à dire, et qu'il dit bien, nous ébranle d'autant plus.
L'INVENTAIRE DES RÊVES
Après le succès de son roman « Americanah », l'écrivaine d'origine nigériane Chimamanda Ngozi Adichie aura attendu dix ans avant de nous offrir une nouvelle oeuvre dense et foisonnante centrée sur quatre femmes d'origine africaine, qui aspirent au bonheur, à un amour partagé ou simplement à s'en sortir sur le sol des États-Unis. Rien d'évident, mais elles sont bien déterminées à faire face aux obstacles et à surmonter les échecs, voire des traumatismes horribles pour l'une d'elles.
« L'inventaire des rêves » (Gallimard, 2025, 655 pages, 26 euros), c'est aussi celui des insatisfactions, des illusions et des humiliations de ces quatre femmes. Trois d'entre elles sont des Nigérianes cosmopolites de milieux aisés. L'autrice qui vit elle-même entre Baltimore et la mégapole de Lagos connaît très bien ce que ressentent ses héroïnes, qu'elles soient étudiante, avocate ou banquière à Abuja, la capitale du Nigéria.
Quand on plonge dans ce roman d'Adichie, on ne risque pas de s'ennuyer. Elle dispose d'un vaste répertoire documentaire et émotionnel, d'un dynamisme de l'écriture et de ressources sans fin d'humour et parfois d'ironie grinçante. Au travers des dialogues de ses personnages, elle dynamite joyeusement les pressions familiales, les préjugés et clichés sur les femmes, et en particulier celles d'origine africaine. Elle met en scène de façon savoureuse toute une galerie d'hommes très différents dans leurs comportements à leur égard.
Mais ce roman a aussi une dimension dramatique émouvante au travers du personnage de Katiatou, une guinéenne fille d'un mineur surexploité. Elle a subi enfant une excision. Devenue adulte, elle part aux États-Unis et va devenir femme de ménage dans un grand hôtel. L'autrice s'est inspirée librement de la figure de Nafissatou Diallo, une immigrée guinéenne qui, en mai 2011, avait porté plainte contre Dominique Strauss-Kahn, directeur du FMI, pour agression sexuelle. On voit là à l'oeuvre les pouvoirs de la littérature capable d'intégrer de façon juste une histoire réelle et révoltante, dans une démarche de justice réparatrice.
L'ESTHÉTIQUE DE LA RÉSISTANCE
Il faut certainement faire preuve d'un acharnement bizarre pour lire en entier, sans sauter une page, l'oeuvre maîtresse du dramaturge et peintre Peter Weiss (1916-1982) intitulée « L'Esthétique de la résistance » (éd Klincksieck, 2017, 891 pages, 35,50 euros). D'autant plus, que j'ai plusieurs fois éprouvé, après coup, le besoin de relire certains passages concernant Héraclès, « Le radeau de la Méduse » de Géricault, « Le Château » de Kafka, « L'Enfer » de Dante ou « Guernica » de Picasso.
C'est un de ces romans fleuves avec lesquels on n'en aura jamais fini. Il touche à des questions essentielles concernant la lutte de classe, l'évaluation du rôle joué par le stalinisme et la social-démocratie, l'engagement personnel, ses illusions, ses aliénations, mais aussi sa noblesse dans le combat contre le fascisme, la façon de s'approprier les oeuvres d'art, de les habiter, d'en créer, l'aspiration à d'autres rapports sociaux, et bien d'autres thèmes encore.
Nous sommes à Berlin en 1937. Trois jeunes ouvriers communistes se retrouvent dans un musée devant la fresque antique du Pergamon. Ils s'interrogent et débattent avec passion sur la signification des scènes représentées, et sur ceux qui les ont imaginées et sculptées. Le récit, dans ses tours et ses détours, poursuivra inlassablement un double questionnement sur la signification des oeuvres artistiques, leur contenu de révolte sourde ou ouverte des plus humbles, et sur le sens des programmes, pratiques et actions politiques, depuis le début de la révolution allemande de 1918 jusqu'aux années d'après la chute du IIIe Reich nazi.
En suivant la destinée des trois jeunes amis et celle des parents ouvriers du narrateur, le roman nous conduit sur plusieurs théâtres de la lutte de classe, avec les Brigades internationales dans l'Espagne en révolution, dans la France d'après juin 36, dans la Russie des procès de Moscou, dans la Suède social-démocrate, fort peu accueillantes aux étrangers antifascistes, en Tchécoslovaquie, au Cambodge et finalement dans l'Allemagne nazie au paroxysme de la répression sanglante jusqu'à son écroulement final.
Peter Weiss mène son enquête gigantesque en mobilisant toutes sortes de registres. Enquête où il ne cherche pas à édifier ou à dégager des leçons à la place des lecteurs. Mais une enquête implacable sur le fascisme et sur le destin du mouvement communiste avant, pendant et après la Deuxième guerre mondiale. Les jeunes militants communistes comme ceux de la génération des spartakistes sont confrontés à la lâcheté des dirigeants sociaux-démocrates préférant pactiser avec les partis bourgeois que de s'unir aux communistes pour vaincre le fascisme. Ils veulent être solidaires de l'URSS coûte que coûte. Mais la discipline de parti censée être un gage d'union et d'efficacité dégénère facilement en obéissance aveugle, en solidarité avec des dirigeants justifiant tous les virages, les tête-à-queue et les condamnations décidées à Moscou.
Les différentes figures de militants et de dirigeants qui parcourent le roman discutent, s'interrogent, critiquent, doutent, ce qui donne lieu à de longs passages qui pourront éventuellement paraître fastidieux, mais qui participent du portrait monumental des acteurs du mouvement ouvrier européen que Peter Weiss a voulu dresser, sans aucune pitié pour le lecteur pressé ou insuffisamment motivé.
Mais il est par ailleurs des passages d'une très grande beauté, et certains portraits d'hommes et de femmes sont bouleversants. Je songe en particulier à la communiste Bischoff revenant clandestinement de Suède en Allemagne, et à la mère du narrateur, devenue muette et définitivement effarée après avoir découvert la réalité du génocide des juifs.
LE JAZZ DES SIXTIES
À quelques brillantes exceptions près, il n'est pas interdit de penser que le jazz actuel est devenu une musique de qualité, bon chic-bon genre, qui vit sur ses acquis, en ayant parfois perdu de vue le swing et l'expressivité. Rien d'étonnant car l'histoire du jazz au XXe siècle était étroitement liée aux luttes, contestations et prises de conscience des Noirs américains et à leurs rencontres diverses et fécondes avec des musiciens blancs anticonformistes, dont de nombreux musiciens juifs ou d'origine italienne. Le potentiel de révolte, de tragique, d'expérimentation audacieuse et de créativité réjouissante s'est en grande partie, et peut-être momentanément, évaporé.
Pour retrouver un jazz euphorique et conquérant, on pourra se tourner vers certains enregistrements en « live » des années 1960 qui viennent d'être proposés aux oreilles curieuses par le label Resonance.
En 1965, le guitariste Wes Montgomery enchante les soirées du Half Note Club de New York tenu par un couple accueillant, Judi Marie et Mike Canterino. Il est entouré par le trio du pianiste Wynton Kelly qui avait officié auprès de Miles Davis et John Coltrane dans leur tournée européenne de 1960 avant qu'ils ne se séparent. Il faut dire que Coltrane avait pris un long solo stupéfiant dès le concert à l'Olympia, volant de fait la vedette au trompettiste. Fermons cette parenthèse et revenons à Wes Montgomery.
Le guitariste, dans l'album de deux CD intitulé « MAXIMUM SWING, The unissued 1965 Half Note recordings », est au summum de son talent.
Il en va de même du trompettiste Freddie Hubbard dans un autre album de deux CD enregistré en avril 1967 intitulé « Freddie Hubbard ON FIRE ». C'est dans un club éphémère du Bronx à New York, The Blue Morocco, que le trompettiste virtuose, en compagnie du saxophoniste ténor Bennie Maupin et du pianiste Kenny Barron, sortait le grand jeu.
Que ce soit Wes Montgomery ou Freddie Hubbard pris sur le vif, ils se lancent sans réserve, développent toutes leurs idées, sans redites, sans aucun délayage. Ils sont entourés de remarquables musiciens, heureux de leur emboîter le pas et d'être à la hauteur de leurs incroyables improvisations.
Bien fraternellement à toutes et à tous,
José Chatroussat
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