Maria de Médeiros réussit là un premier film simple et qui
sonne juste.
Son film nous fait vivre les heures qui précèdent et celles qui suivent le
déclenchement de la Révolution des œillets, au Portugal, le 25 avril 1974.
Nous découvrons qui étaient ces capitaines, leurs motivations, leur
sincérité, mais aussi leurs illusions. En quelques heures la plus vieille dictature
d'Europe est renversée par ce soulèvement militaire.
Nous voyons comment un seul homme décidé, un des capitaines, soulève sa
caserne. Comment ce même capitaine gagne à la mutinerie des troupes envoyées
contre les rebelles. Et nous voyons aussi les limites de ce capitaine qui, au final, laisse de plus
hauts gradés reprendre les choses en mains.
Ces capitaines de l'armée portugaise veulent mettre un terme à l'horreur des
guerres coloniales en Afrique. Ils soulèvent la chape de plomb qui pèse sur le pays
depuis tant d'années. La population s'engouffre dans la brèche et descend en
masse dans la rue.
Evidemment ce film, très prenant, nous laisse sur notre faim car il s'arrête au
moment où la population descend dans la rue pour soutenir la révolte des soldats.
Cette mobilisation populaire durera plusieurs années avant que la situation ne se
« normalise », avec l'aide du Parti Socialiste de Mario Soares et du Parti
Communiste Portugais de Cunhal. Ils feront tout pour que cette révolution ne remette pas en
cause l'ordre bourgeois.
Ce film est l'occasion de se pencher sur un des moments politiques important de la fin du
20ème siècle pour en tirer toutes les leçons utiles pour les
révolutions à venir.
Un film à voir et à faire voir.
Le 20 novembre 2001
José Filipe