Arc de Triomphe

d'Erich Maria Remarque

Éditions Omnibus (mai 2001)
373 pages

Ce roman se trouve dans un recueil comprenant également du même auteur « Un temps pour vivre, un temps pour mourir », « L'Étincelle de vie » et « Les Exilés ».

Ravic est un grand chirurgien allemand ayant dépassé la quarantaine qui se retrouve « sans papier » à Paris en 1938. Il a réussi à s'enfuir de l'Allemagne nazie après avoir été torturé par la Gestapo. Mais pour la République française, il n'est qu'un étranger indésirable parmi tant d'autres. On peut l'expulser à la suite d'un simple contrôle d'identité.

Il travaille illégalement dans une clinique réputée, pour un chirurgien français qui y trouve son compte en lui confiant les opérations les plus délicates. Il est amené à fréquenter aussi bien les bas-fonds de la société que les salons du « Tout Paris ».

La guerre approche mais les riches mènent joyeuse vie. Les petits-bourgeois continuent à faire des projets, indifférents aux bruits de bottes qui montent dans toute l'Europe. Ils étouffent leurs appréhensions en se disant qu'après tout « nous avons la ligne Maginot ». Mais dans Paris, il y a aussi des exilés qui vivotent au bord du désespoir dans des hôtels minables.

Ravic et son ami Morosow, qui est portier dans une boîte de nuit, jouent aux échecs et s'appliquent à noyer leur anxiété dans l'alcool, sans trop de succès. Être cynique ou désabusé arrangerait bien Ravic mais il en est incapable. Sa vitalité l'emporte. Il veut se venger de son tortionnaire qui se pavane à Paris. Contre toute attente, il tombe amoureux d'une émigrée d'origine italienne. Ils s'engagent dans une relation intense et difficile parce que rien dans leur situation ne contribue à la stabilité des sentiments.

La peinture du Paris des exilés en 1938-1939 est attachante. Comme dans les autres romans de Remarque, les principaux personnages suscitent la sympathie par leur humour et surtout par leur sincérité.

Le 25 juin 2001

Samuel Holder

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